Rêve éveillé.

, par  JCR

En attendant qu’un orienteur actuel, prolixe, prenne la plume pour raconter une aventure le texte suivant, qui date de quelques années, va faire ressurgir bien des souvenirs parmi les participants !

Regardez cette photo et faites un petit effort d’imagination : Il est 1 heure et demi du matin. Il y a nettement moins de lumières, la pleine lune brille au firmament, il fait frisquet. La grande avenue qui mène au château est étonnamment déserte. La musique d’ambiance diffuse les airs connus des films de Walt Disney, les sorcières ricanent, deux ou trois membres de la sécurité du parc vont et viennent les mains dans le dos.

Mais il y a aussi les ombres furtives et silencieuses de quelques 700 orienteurs qui, les uns après les autres, carte en main, frontale brillante, courent en direction de la tour pointue, traversent la rue de droite et de gauche, s’enfoncent dans des recoins invisibles à la recherche de la vingtaine ou la trentaine de postes qui jalonnent leur circuit.
Une CO, la nuit, dans le parc d’Euro Disney ? C’est incroyable, insensé, utopique.
C’est encore un conte, celui de la 1002ème nuit ? Non, non, pas un conte j’y étais ! Je me suis pincé dix fois pour le croire pourtant les photos que j’en ai rapporté sont bien réelles !
Ce n’est pourtant pas parce que je suis au pays des fées que je cours plus vite. Mais combien je suis content de me "trainer" dans ces décors de rêve à la lueur d’une lampe faiblissante au fur et à mesure des minutes. Farfouiller dans les buissons, grenouiller dans les recoins d’escaliers sombres, m’infiltrer dans les cavernes basses, grimper les marches humides jus-qu’au sommet des tours, me lancer à l’abordage du bateau des pirates, m’humidifier dans le brouillard des cascades, me perdre et me reperdre dans les ruelles exigües. Quel pied !
Il faut pourtant bien m’en extraire : la pendule de Minie sonne trois heures, Pluto râle dans sa niche à chacun de mes passages, le carrosse de Cendrillon est depuis longtemps redevenu courge et Mickey dort depuis belle lurette sur ses deux oreilles après être venu donner les premiers départs en tenue bleue CSAG !
Et puis les jambes se font lourdes.
Évidemment ! Au cours de l’après midi une première étape m’a fait découvrir les parcs et les rues de Noisiel, la cité du chocolat Menier. 23 postes sur près de 5 kilomètres pour un sprint clairement baptisé "long". Heureusement un propriétaire ombrageux a, quelques minutes avant le début de la course, signifié aux organisateurs le retrait de son autorisation de traverser sa copropriété. Cela nous évite deux postes et réduit le trajet… d’une centaine de mètres !
Mais surtout ce n’est pas fini : Dans ce club il faut dormir aussi vite qu’on court !
Tout à l’heure c’est la cité médiévale de Provins qui nous attend. Un joyau classé au patrimoine de l’UNESCO ; des remparts, des ruelles encore, des chevalets de peintres à chaque coin de rue, des petits parcs. Une roseraie splendide, un labyrinthe de verdure où on perd de précieuses secondes pour parvenir enfin à cette balise que l’on distingue pourtant depuis longtemps à travers les haies. Sous le soleil, dans les coursives de la tour César, à l’ombre de la coupole de St Quiriace, les tenues multicolores des coureurs fendent la foule des touristes qui suivent leurs guides ! Là aussi, les organisateurs n’ont pas lésiné sur les distances. Les vieilles carcasses grincent et à l’arrivée mon "Garmin" marque 7,4 kilomètres pour 4,8 annoncés.
Voila encore une énorme aventure qui va rejoindre le panthéon des courses de rêve : L’Ile Longue, Saint-Malo et combien d’autres.
A quand la suivante ? Toutefois je me pose quand même une question : Il faudra bien qu’un jour, à notre tour, nous fassions rêver nos camarades orienteurs… non ?
Mais où ?

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